Burkina Faso/Médias publics: Face à l’immixtion du pouvoir, un syndicat brise le silence

L’actualité de cette semaine sera encore marquée par des manifestations. Et cette fois les journalistes n’en seront pas seulement que les témoins ou les analystes. Ils vont même en être des acteurs. Ce mardi, les travailleurs des médias publics, sous la houlette de leur syndicat qui tombait dans l’oubli, vont observer une journée nationale de protestation sous forme de sit-in devant le ministère de la Communication.

Chose assez rare au Faso pour être soulignée: les agents de la Radiodiffusion du Burkina, Télévision du Burkina, RTB2 Centre, RTB2 Sud-ouest, RTB2 Hauts-Bassins, Centres d’émission, Editions Sidwaya, qui excédés, en viennent à cette action dans le cadre du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC).

La raison? Le syndicat entend exiger « l’arrêt de l’immixtion des autorités du ministère de la Communication dans le traitement de l’information au niveau des médias publics ». Pour prouver ce que l’on a besoin d’ailleurs de prouver, le SYNATIC qui signe avec l’Association des journalistes du Burkina une déclaration, avance ceci: « L’immixtion des autorités du ministère de la Communication dans le traitement de l’information – qui du reste n’est pas nouvelle – a pris de l’ampleur ces derniers temps. »

On y voit plus claire lorsqu’on lit les exemples qui appuient ce constat:

- la couverture partisane des dernières grèves du SYNTSHA et du SYNATEL

- les censures imposées par les autorités du ministère de la Communication dans les reportages des journalistes sur les activités de l’opposition politique, de l’Unité d’action syndicale et des organisations de la société civile ;

- l’intervention directe des responsables du ministère de la Communication dans le traitement du reportage sur la marche du 29 juin de l’opposition au niveau des médias publics (RTB et Editions Sidwaya).

Ainsi donc, on se rend à l’évidence de ce que l’on imaginait. Certaines informations que l’on nous sert et que les plus vigilants et les plus critiques trouvent biaisées, seraient du fait du pouvoir public. A côté de cela, les journalistes de ces médias sont souvent pris à parti par les populations pour information dénaturée.

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